Les ananas de la colère - Cathon

Mis à jour : janv. 19


J’ai vécu, il y a quelques semaines, une expérience qui ferait rougir de jalousie la plupart de mes contemporains qui cultivent, comme le veut la doxa, un amour de l’ironie comme mode d’être au monde et une affection toute particulière pour ce qui est méta. C’est du moins ce que propose Christy Wampole dans son article « How To Live Without Irony » : « Pour beaucoup d’Américains et d’Américaines nés dans les années 1980 et 1990 — les membres de la génération Y, ou les milléniaux —, particulièrement les caucasiens et caucasiennes de classe moyenne, l’ironie est le mode principal d’appréhension de la vie quotidienne. »


Après une journée passée à relire Les ananas de la colère, mes amis m’ont traînée au Snowbird Tiki Room, rue Saint-Hubert, où la serveuse du vendredi soir s’est révélée un sosie de Marie-Pomme Plourde, protagoniste de la bande dessinée de Cathon : chemise fleurie, petite coupe au carré et toujours prête à préparer des cocktails à l’ananas pour ses clients. Pendant qu’elle essuyait un verre devant nous, la scène nous est apparue en tous points semblable à la page couverture des Ananas de la colère. Comme on dit : toute est dans toute.


Extrait tiré d'un article publié dans Spirale. L'article complet se trouve dans le numéro « Êtes-vous sérieux? Postures ironiques et usages du trivial », publié à l'été 2019.


5 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout